Calcul du courant nul  comment déterminer le moment de mise à l'eau?
Certains carnets de marée édités en Zélande préconisent à l'aide d'un dessin de partager le temps de plongée autour du moment de l'étale de niveau. Cette méthode sans être tout à fait fausse est fort empirique. Le moment de l'étale dans l'Oosterschelde ne correspond pas avec un courant nul, plus on se rapproche de l'embouchure de l'Oosterchelde plus l'écart entre le moment de l'étale et le moment où le courant sera nul s'accroît. Cette méthode présente, entre autres, les inconvénients suivants: elle ne tient pas compte de la spécificité des différents spots, de la position géographique du spot et la méthode de calcul n'est pas directement liée à la vitesse du courant; elle à néanmoins l'avantage d'être simple et facile a comprendre.

 Une méthode plus sophistiquée consiste à déterminer, à l'aide de l'atlas des courants (Stroomatlas HP15), le moment ou le courant s'inverse et de moduler sa plongée autour de ce moment, non pas également autour de ce point mais en fonction de la topographie locale. Cette méthode présente les avantages: de tenir compte de la spécificité des différents spots, d'être directement liée à la vitesse du courant, de tenir compte de la position géographique du spot, de pouvoir facilement intégrer un coefficient correcteur du moment de mise à l'eau en fonction de paramètres locaux. Ces paramètres sont très diversifiés: courant de circulation autour des pointes (Schelphoek, Kats Zuidbout....), courant d'arrachement du à la présence des bancs de sable (Roggenplaat), présence proche d'un autre bras actif (Zuidbout, Linda, Zeelandbrug...), onde qui se brise perpendiculairement sur une digue, ce qui engendre la transformation de l'énergie cinétique de l'onde en énergie potentielle et une diminution du courant (Soetersbout, Oesterdam..), un sens de courant nettement plus dangereux que l'autre (Zeelandbrug, Burghsluis Wissekerke...).

 Cette méthode est utilisée dans le livre Divenice Zeeland: 250 itinéraires de plongée

 

Mise en oeuvre de la méthode
L'utilisation d'un tableur (Excel) facilite grandement le calcul, en suivant la méthode expliquée ci-dessous une simple feuille de papier quadrillé peut donner des résultats satisfaisants.  Des que l'on a déterminé le moment de mise à l'eau il suffit d'établir sont planning en tenant compte que sur certains spots la marche d'approche est longue et difficile et qu'il est souhaitable d'avoir un temps de récupération avant la plongée.

 

1.        Repérez sur les cartes de l'atlas HP15 le spot de plongée.

2.        Relevez les valeurs du courant sur la flèche la plus proche du site (13 mesures) et relever le moment par rapport a l'étale de niveau de Vlissingen (Indiqué dans les coins supérieurs de l'atlas)

3.        Affectez les valeurs trouvées du signe + si l'eau rentre dans l'estuaire et du signe - si l'eau sort de l'estuaire. Affectez le moment du signe - si on a l'indication "Voor" et + si on a l'indication "Na"

4.        Tracez avec ces valeurs un diagramme (X,Y) en reliant les points par des droites, X= Moment Y= Valeur du courant, l'intersection de ces droites avec l'axe des X donne le moment de courant nul par rapport à l'étale de marée haute de Vlissingen. Il suffit de moduler la durée de plongée autour de ces points.

5.        Tracez une horizontale à +0.4 et une autre à -0.4, à partir de l'intersection de ces droites avec la courbe de courant tracez des droites verticales. Les zones ainsi délimitées sur l'axe des X vous déterminent les moments plongeables, pour la facilité de lecture il est conseillé d'hachurer ces zones.

6.        Si vous utilisez un carnet de marée de Wemeldinge (le plus courant), portez un flèche verticale à +1,6 et à -4,8 ce qui correspond aux écart de 1h37min et 1h13min des étales de marée haute et base par rapport à Vlissingen.  Déterminez votre moment de mise à l'eau à partir de ces flèches, la durée totale de la plongée doit être comprise dans la zone hachurée.

 

Critique objective de la méthode

  • Les mesures éditées dans le "Stroom Atlas" sont faites à faible profondeur, ce qui induit une sécurité supplémentaire, le courant au fond étant plus faible que le courant en surface. On estime que le courant de fond et le courant de surface sont reliés par la relation: V1 = K V
    Avec: V1 = vitesse à 1m du fond,V= vitesse mesurée à 3m de la surface et K= un coefficient valant entre 0.68 et 0.75 suivant la nature du fond.
  • Les mesures éditées par le " "Stroom Atlas" sont des valeurs moyennes, elles ne tiennent pas compte des vives et mortes eaux, en période de vives eaux l'augmentation de vitesse de la veine fluide est de l'ordre de 10 à 15%.
  • Les mesures sont effectuées avec une vitesse de vent négligeable, la mécanique des fluides nous apprend que le courant est directement lié à la hauteur d'eau, l'action du vent peut engendrer une surcote de l'ordre 1 à 2m ce qui aura une incidence de l'ordre de 10 à 20 % sur notre calcul. Si la vitesse du vent reste inférieure à 4-5 Beaufort il n'est pas utile de majorer les mesures du "Stroom Atlas".