• 1. Walcheren
  • 2. Zuid Beveland
  • 3. Noord Beveland
  • 4. Schouwen Duiveland
  • 5. Tholen
  • A. Mer du Nord
  • B. Oosterschelde
  • C. Grevelingen
  • D. Westerschelde
  • E. Veerse Meer

La Zélande c'est quoi?
Un petit paradis pour les plongeurs du Nord. Des dizaines d'itinéraires de plongée sont accessibles à partir du bord. On peut pratiquer la plongée dans l'Oosterschelde, le Grevelingen et le Veerse Meer. On peut en théorie aussi plonger dans le Westerschelde mais les conditions de courant et de visibilité sont épouvantables. L'eau du Westerschelde est de très mauvaise qualité et le passage de navires vers le port d'Anvers très important. L'Oosterchelde recèle de nombreuses épaves, principalement dans le Mastgat. Les plus célèbres d'entre elles sont le Damco 136 et le "Galion zonder poen" . L'Oosterchelde est soumis à des courants engendrés par les marées. Il faut tenir compte de ces courants pour planifier la plongée. Un carnet de marée est disponible gratuitement ou à un prix modique dans les centres de plongée.

Luctor et Emergo

La lutte des Néerlandais et des Zeeuwen (surnom des habitants de la Zélande) contre la mer est aussi légendaire que séculaire. Les Pays-Bas se sont formés à la fin de l'ère glaciaire, la fonte des glaciers ne laissa qu'une terre plate de marais tourbeux. La fonte des glaces se poursuivant, la plupart de ces terres se trouvaient régulièrement submergés à marée montante. C'est au 10 ieme siècle que les Hollandais construisirent les premières digues pour se protéger de la mer. Jusqu'au 19 ième siècle, ces constructions étaient très primitives : à peine plus haute que les terres, elles se rompaient régulièrement. L'invention du moulin à vent au 14ième siècle permit l'assèchement des polders Dans ces polders , les conséquences d'une rupture de digues lors des fortes marées de vives-eaux étaient dramatiques pour les habitants. La lutte des Néerlandais contre la mer n'est pas près de se terminer. L'effet de serre et l'affaissement des terres font que le sol des Pays-Bas baisse de 20 cm par siècle par rapport au niveau de la mer. Au cours des siècles, les Pays-Bas connurent de nombreuses inondations. Celles de 1953 furent les plus dramatiques rendant la devise « Luctor et Emergo » (Je lutte pour surnager) tristement d’actualité .

De Ramp



Vendredi 30janvier 1953
, la météo néerlandaise annonce dans son bulletin un ciel nuageux et de forts coups de vent pour la journée de samedi. A ce moment, personne ne se doute que ce week-end de janvier sera le dernier pour 1835 Zélandais.

Samedi 31 janvier, 13 heures
: un ouragan prend naissance au large de l'Ecosse et on enregistre des pointes de 11 à 12 Beaufort.

Samedi 31 janvier, 21 heures :
l'ouragan est sur les côtes néerlandaises, il y soufflera avec rage pendant 33 longues heures. Comble de malchance, au plus fort de la tempête, le dimanche premier février à trois heures du matin, c'est la marée haute. Et quelle marée... Une marée de vives-eaux gonflée par les effets du vent. La hauteur d'eau atteint la côte NAP + 5 m alors que les digues sont prévues pour résister à une hauteur d'eau de + 4 m. En une seule nuit, 400 brèches vont s'ouvrir dans les digues et des millions de mètres cubes d'eau et de boue vont se ruer dans les polders, détruisant tout sur leur passage. Pour échapper à la noyade, des milliers de Zélandais n'auront que leurs toits pour seul refuge.

Lundi 2 février 1953, 6 heures du matin,
l'avis de tempête prend fin, la Zélande relève la tête... Ruinée. Le PZC titre en grands caractères : "De ramp", la calamité.


Quelques chiffes sur les inondations de 1953
  • Pertes en vies humaines: 1835
  • Personnes évacuées : 72.000
  • Surface inondée : 200.000 ha
  • Bâtiments endommagés : 47.000
  • Digues endommagées : 139 Km
  • L'île la plus touchée : Schouwen-Duiveland (534 victimes)
Les villages les plus touchés:
  • Ouwerkerk:91 victimes (16% de la population)
  • Nieuwerkerk: 288 victimes (15.5% de la population)
  • Coût de l'inondation 450.000.000 d'euros
  • Aide internationale : 30.000.000 d'euros

Le Plan Delta

Après cette catastrophe, les Néerlandais créent immédiatement une commission destinée à étudier les problèmes de sécurité dans le Delta. Elle aboutira en 1958 au vote par le parlement de la loi sur les travaux du Delta. A l'origine, cette loi prévoyait, en dehors du Westerschelde, la fermeture complète du Delta par des digues. Ce qui aurait ramené la ligne de côtes à 25 km au lieu des 700 existants précédemment. Aux cours des années qui suivirent, des voix s'élevèrent contre la fermeture complète de l'Oosterschelde. Fermeture qui aurait condamné ce biotope particulièrement riche, occasionnant la disparition de la mytiliculture et de la conchyliculture et ruinant tous les ostréiculteurs. Finalement, après maintes remises en question du plan initial, il fut décidé de fermer complètement le Grevelingen Meer et le Verse meer, tandis que le Westerschelde resterait ouvert et l'Oosterschelde fermé en partie par un barrage.

Chronologie des travaux

  • 1958: barrage mobile du Hollandse Ijssel
  • 1960: barrage de Zandkreek
  • 1961: barrage du Verse Gat
  • 1965: barrage du Grevelingen
  • 1969: barrage du Volkerak
  • 1971: barrage du Haringvliet
  • 1971: Brouwersdam
  • 1983: digue du Marquisat
  • 1986: barrage anti-tempête de l'Escaut
  • 1987: Philipsdam
  • 1987: canal de décharge de Bath
Vidéo

Une terre d'histoire et de moules

La Zélande comporte de nombreuses villes riches en histoire et en monuments.  Zierikzee qui se trouve sur l’île zélandaise la plus plongée est la plus célèbre. D’autres villes et villages valent la peine que l’on s’y attarde un peu : Goes, Middelburg, Veere, Yerzeke...Qui ne connaît pas les moules de Zélande ! Yerseke est presque mondialement connu comme le village « d’où proviennent les moules de Zélande ».  Chaque année en début de saison le village organise le « mosseldag » ou « l’or noir de Zélande » est dégusté pour un prix modique.

Le barrage anti-tempête

L'Oosterschelde est fermé en son embouchure par un barrage à vannes mobiles. Ce barrage fait à lui seul la renommée des ingénieurs hydrauliciens néerlandais, c'est une véritable vitrine du savoir faire néerlandais en matière d'innovations et d'audace technique. Une vitrine.. oui, mais quelle vitrine. Une vitrine de 3 km de long, composée de 62 vannes gigantesques pouvant s'ouvrir et se fermer en un clin d'œil (30 à 60 minutes suivant la hauteur de la porte)grâce à des vérins hydrauliques. Pour diminuer les délais les éléments du barrage furent préfabriqués, ce qui pour les ingénieurs représentait un véritable défi. Il a fallu trouver des milliers de solutions aux problèmes de construction, de transport, de mise en place, d'alignement, de stabilité des divers éléments.Il a fallu construire des usines, des rades artificielles, des logements pour des milliers d'ouvriers, des routes, des grues spéciales et des pontons pouvant supporter 10.000 Tonnes. On peut pratiquer la plongée sur les Iles de Tholen, Zuid Beveland, Noord Beveland et Schouwen-Duiveland

Quelques chiffres sur la barrage

Fondations
  • Compactage du sol :Technique des aiguilles vibrantes
  • Profondeur du compactage : 15 m
  • Largeur du compactage : 80 m
Matelas inférieur
  • Type: filtrant, sable et gravier stratifié
  • Préfabriquée épaisseur : 36 cm
  • Dimensions: 200 x 42 m
Matelas supérieur
  • Type filtrant, sable et gravier stratifié
  • Epaisseur du préfabriqué : 36 cm
  • Dimensions du matelas supérieur :60 x 29 m
  • Planéité de l'ensemble : matelas de dalles
Piles
  • Mise en œuvre : préfabriqué
  • Matière: béton précontraint
  • Poids maximum : 18.000 tonnes
  • Hauteur: entre 30,25 et 38,75 m
  • Surface au sol : 25 x 50 m
  • Volume total de béton utilisé 450.000 m3
Hydraulique
  • Vitesse d'ouverture : 180 mm/minute
  • Vitesse de fermeture : 180 mm/minute
  • Puissance de la centrale électrique : 4000 KVA
  • Nombre de centrales hydrauliques : 124
Vérins
  • Nombre de vérins : 124
  • Pression de service : 220 bars
  • Alésages : entre 635 et 830 mm.
  • Courses: entre 5900 et 11900 mm
  • Poussée: entre 230 et 400 tonnes
  • Poids: entre 46 et 100 tonnes
Vannes
  • Hauteur: entre 5.9 et 11.9 m
  • Structure porteuse : tubulaire
  • Diamètre des tubes : entre 5O8 et8l2mm
  • Poids total des vannes : 23000 tonnes

L'Oosterschelde

L'Oosterchelde est un des bras actifs de l'Escaut. Ce bras est soumis aux marées et des courants importants peuvent exister. Pour pratiquer la plongée dans ce bras de mer il est impératif de tenir compte des courants engendrés par la marée. La profondeur dans le delta de l'Escaut (Oosterschelde) peut atteindre -60m. Les plongées se font principalement du bord. On peut choisir soi même la profondeur que l'on désire atteindre. La faune est principalement composée de homards, tourteaux, bar, Seiche, anguilles (mai). La vie fixée est composée d'anémones(Métridium sénile) d'anémones encroûtantes et de ciones (Ciona intestinallis) et quelques variétés d'éponges. Peu d'épaves sont accessibles du bord, la plupart se situent dans les chenaux où il faut une autorisation spéciale pour plonger. Seul le Galion zonder poen à Wemeldinge est facilement accessible du bord. 

Le Grevelingen

Pendant des siècles le Grevelingen a été un estuaire faisant la jonction entre la mer du Nord et les bassins de l'Escaut, de la Meuse et du Rhin. En 1958, les autorités néerlandaises votent les décrets du plan Delta qui décident de la fermeture de ce bras de mer. Le projet initial prévoyait une fermeture, un dessalement et un assèchement du Grevelingen pour gagner des terres cultivables et d'élevage. Heureusement pour nous le projet initial fut abandonné au profit de la création d'un grand lac salé de plus de 100 Km2. Le projet de lac salé avec la mise sur pied d'une industrie touristique a été adopté lorsque la CEE a instauré des quotas laitiers, risquant ainsi de ruiner le monde rural sans l'apport touristique. Bien entendu de pareils changements ne vont pas sans un important bouleversement écologique. Les espèces animales dépendantes du courant vont totalement disparaître au profit d'une vie fixée plus intense. L'apport, au travers des écluses, de l'eau riche en oxygène venant de la mer du Nord a permis l'éclosion, jusqu'à -15m, d'importantes colonies d'Ascidie. Colonies principalement composées de l'Ascidie plissée (Styela Clava), de l'Ascidie sale (Ascidiella Aspersa) mais surtout de l'Ascidie jaune (Ciona Intestinalis). On rencontre aussi de nombreuses anémones encroûtantes blanches et brunes (Palazoanthus et Epizoantus) et des Cérianthes. Dans les chenaux profonds, sous le thermocline, là où l'influence bénéfique de l'eau riche en oxygène ne se fait plus sentir, s'est développé un milieu anoxique peu propice à la vie 

Le Veerse Meer

A l'origine le Veerse Meer était un bras actif de l'Escaut séparant les îles de Noord et Zuid-Beveland. Entre 1960 et 1961 la Veerse Meer fut totalement fermé pour devenir le lac d'eau douce que nous connaissons actuellement. Cette fermeture a été assurée par la construction des barrages de Zandkreek et du Veerse Gat. La construction du barrage du Veerse Gat inaugure une technique de pointe pour l'époque, celle des caissons à vannes. Ces caissons sont immergés les uns après les autres à marée basse lors de la phase de fermeture, puis remplis de sable. Ce qui évite, par rapport à la technique classique, des courants trop violents causés par la réduction de section du bras de mer à fermer. Le dessalement de l'eau de mer a eu des conséquences terribles sur la faune et la flore. Seules les espèces supportant une eau de moins en moins salée ont survécu. La faune est surtout composée de moules et d'anguilles. L'absence totale de courant et une bonne visibilité font du Veerse Meer un bon endroit pour l'apprentissage de la plongée et de la voile.